ADF 4E106/260 bail des 8 juillet et 4 août 1863 Milin Coz Rosnivinen

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autre doc. de 1799 sur ce moulin

autre bail de 1849 (construction moulin neuf) 

Il convient de noter que les personnes figurant sur le présent document ne sont pas mes ascendants.

"darbarer" est la francisation du Breton darbar et signifie "faire office d'aide", "faire l'apprenti".

 

Par devant Me Louis Lacaze et son collègue, notaires à Landivisiau, arrondissement de Morlaix, Finistère, soussignés :

A comparu Mr François Marie Le Saint, propriétaire, demeurant à Landivisiau, faisant le fait valable et se portant fort pour Mme Pélagie Rivault rentière veuve de Mr Célestin Le Saint, demeurant à Carhaix agissant elle-même au nom et comme tutrice légale de 1e Marie, 2e Paul, 3e Louis et 4e Célestine Le Saint ses enfants mineurs issus de son mariage avec feu Mr Célestin Le Saint demeurant avec elle,

Lequel a par ces présentes déclaré louer et affermer pour neuf ans entiers et consécutifs qui prendront cours à la Saint Michel vingt neuf septembre mil huit cent soixante cinq, en tout cas à l'expiration du bail courant passé devant Me Cozanet, Notaire à Landivisiau, le sept janvier mil huit cent cinquante quatre pour finir à pareil jour et terme de l'an mil huit cent soixante quatorze ;

 

A Hervé Autret, époux de Jeanne Cren et Jean Louis Autret, époux de Marie Anne Cren, cultivateurs meuniers, demeurant ensemble au lieu de Milin Goz Rosnivinen en la commune de Loc Eguiner Ploudiry, preneurs ici présents et acceptant tant pour eux que pour leurs dites épouses conjointement et solidairement entre eux, Savoir :

 

En la commune de Loc-Eguiner, canton de Ploudiry, le moulin dit Milin Coz Rosnivinen, consistant en deux tournants de moulin à pirouette, étang, biais, chaussées, conduite d'eau et une pièce de terre, dite ar Brajers ; en une maison manale couverte de genêts ayant ses issues ; une chambre sur terre couverte de genêts, dite ar Gambre Bras ; y joignant une écurie au levant, couverte de genêts ; joignant la maison manale au couchant, un petit édifice couvert en ardoises dit Cambre Bian ; une soue à porcs couverte de genêts ; une crèche à vaches et une écurie au levant couvertes de genêts ; un four nouvellement construit et deux îlots formés par un barrage qui a été établi en vue de la construction d'un moulin dans Parc ar Rivier, le tout avec appartenances et dépendances sans exception ni réserve, plus les pièces de terre dépendant de Taille Erézo, dit Pontou ar Bras ; un pré au levant d'icelui ; Pontou ar Bian ; Coat an Enezou et deux prairies au couchant dites Foësmeyer Névez , enfin un champ terre chaude, nommé Parc ar Rivier situé près Pont Anna Riagon , le tout en Loc Eguiner ;

En la sus dite commune, au terroir du Vieux Moulin Rosnivinen, une pièce de terre, nommée Coat ar Ségal Tosta ; enfin une autre pièce de terre, nommée Coat ar Péron avec leurs fossés et timons comme ils leur complètent ;

Enfin le Moulin Neuf que les époux Corre, fermiers précédents, avaient fait construire pour le compte de feu Mr Le Saint sur les dépendances du dit Vieux Moulin de Rosnivinen.

De tout quoi les dits preneurs reconnaissent avoir bonne et suffisante connaissance comme en jouissant en vertu du bail courant précité, pour par eux continuer à en jouir et disposer pendant le cours de présent en bons cultivateurs et bons pères de famille sans y causer aucune dégradation ni malversation aux conditions ci-après :

 

1e Ils paieront annuellement de prix de ferme à chaque jour et terme de Saint Michel en septembre à la dame bailleresse entre les mains de Mr François Marie Le Saint, propriétaire, demeurant à Landivisiau sans frais de port ni retenue quelconque, la somme de huit cents francs, en numéraire métallique et non autrement ; premier paiement à effectuer le vingt neuf septembre mil huit cent soixante six pour ensuite continuer à pareille époque de chacune des années postérieures.

2e En outre, le présent bail est fait et consenti moyennant une commission ou deniers d'entrée de huit cents francs dans tous les cas non restituables dont deux cents francs sont compensés par autant avancé par les fermiers pour la construction du four dont il a été question dans la désignation des biens affermés ; quant aux six cents francs formant le solde de la dite commission, les preneurs s'obligent en la solidarité sus exprimée à les verser entre les mains de Mr Le Saint qui ...? savoir : quatre cents francs avant le vingt neuf septembre prochain et deux autres cents francs dans le courant de l'an mil huit cent soixante quatre, le tout sans intérêts.

3e Les contributions de toute nature seront acquittées par la dame bailleresse, sauf celles des portes et fenêtres.

4e Les preneurs mettront et entretiendront constamment pendant le cours du présent et rendront à son expiration les couvertures des logements et les fosses et fossés des terres en état de réparations défensibles seulement.

5e Ils entretiendront également pendant le cours du présent et rendront à son expiration en bon état de réparations les canaux et retenues d'eau, cureront le canal d'amenée et le canal de fuite et en redresseront les bords.

6e Ils nourriront, logeront darbareront les ouvriers de tout espèce qui seront employés aux grosses réparations incombant à la dame bailleresse pendant le cours du présent et feront le charroi de tous les matériaux nécessaires à ces réparations.

7e Les parties arrêtent d'un commun accord que quoiqu'il n'y ait pas un renable détaillé et dressé présentement, que la dame veuve Le Saint a une souche de six cents francs dans les deux anciens tournants existants au dit moulin, sur laquelle souche, les preneurs pourront augmenter jusqu'à concurrence de six cents francs, de manière que le tout ne pourra valoir au delà de douze cents francs à la fin du présent, le surplus en pure perte pour les preneurs devra toutefois y rester ; pour ce qui est des mécaniques et ustensiles du petit moulin neuf, il sera facultatif à Mme veuve Le Saint de les rembourser à dire d'experts, sinon les preneurs les enlèveront sans indemnité.

8e Mme veuve Le Saint entend expressément se réserver la faculté de reprendre la jouissance quand il lui plaira, du champ dit Parc ar Rivier en prévenant les preneurs six mois d'avance auxquels il sera fait le cas échéant une réduction de quinze francs par an sur le prix de ferme ci-dessus stipulé.

9e La dame bailleresse fait encore les réserves qui vont suivre : 1e le droit de planter telle quantité de plants que bon lui semblera dans les endroits qu'elle jugera à propos sans cependant nuire à la culture ; 2e le droit exclusif pour elle ou pour les personnes qu'elle agréerait de pêcher et chasser dans la propriété présentement affermée.

10e Ils entretiendront constamment de toutes réparations les vannes, chaussée et déversoir du moulin, empêcheront toutes pertes et détournements d'eau et feront tous les curages nécessaires, le tout de manière que la dame bailleresse ne soit aucunement inquiétée ou recherchée à cet égard.

11e Ils jouiront pendant le cours du présent d'une seule coupe des bois courants et chauffages en la faisant en temps et saison convenables, mais ils ne pourront couper par pied ni émonder aucun arbre ou plant, non plus que partager, diviser ni sous affermer le tout ni partie des biens loués, céder leurs droits au présent, subroger ni s'associer qui que ce soit, faire deux feux, ni autrement rien changer ni innover sans le consentement exprès et par écrit de la dame bailleresse à laquelle à première réquisition même verbale, ils fourniront bonne, solvable et agréable caution solidaire pour répondre de l'entière exécution des présentes.

 

Les charges ci-dessus énumérées et imposées aux preneurs en sus du prix de ferme sus fixé sont évaluées pour servir de base à la perception des droits d'enregistrement seulement sans tirer à autre conséquence à deux francs l'an.

Telles sont les volontés et conventions des parties qu'elles s'obligent respectivement d'exécuter et accomplir et particulièrement les preneurs sous la solidarité sus exprimée à peine de résiliation du présent ; de tous dépens, dommages et intérêts, consentant en cas de saisie de leurs meubles et effets mobiliers à défaut de paiement à ce que la vente en soit faite sur les lieux et sans transport au marché, dérogeant à cet égard à toutes lois contraires.

Dont acte

Fait et passé à Landivisiau, en l'étude, l'an mil huit cent soixante trois le huit juillet pour les preneurs et le quatre août pour Mr Le Saint.

Et lecture faite, Mr Le Saint seul a signé avec les notaires, les preneurs ayant déclaré ne savoir signer de ce interpellé suivant la loi.

 

Queinnec Le Saint Lacaze  

 
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