Le moulin de Kereon en Saint Sauveur
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Sur le plan ci-contre (ADF 7 S 65) datant de 1894 on observe le bief d'amenée long de 540 mètres qui reçoit l'eau de la Penzé déviée par le déversoir qui barre celle-ci dans un méandre. Ce bief, en plus d'amener l'eau au moulin en y créant une chute, permettait l'irrigation des nombreuses prairies situées en contre-bas de sa rive par de nombreuses "fuites" de son parapet. Ces pertes d'eau amenèrent M. PITON, propriétaire du moulin, en accord avec les propriétaires des prairies à sur-élever de 20 cm le niveau du déversoir par rapport au niveau indiqué dans le règlement d'eau du moulin. Mais le propriétaire du moulin de Kergratias situé en amont, et l'administration des Ponts et Chaussées ne furent pas d'accord d'où une enquête. Le moulin à tan ( pour broyer l'écorce de chêne pour les très nombreuses tanneries de la région) est récent car il ne figure pas sur un plan de 1880. Yves RIOUALLON et son épouse Marguerite HERRY ont ensuite exploité le moulin de Penhoatuon situé à 500 m en aval.
En 1918, il y avait à Kéréon, en plus du chef de famille et son épouse, leur fille et son époux plus une employée, un boulanger, un meunier, un livreur et un ouvrier agricole. Le moulin ("très joli montage" en pichpin) comportait :
100 kg de blé donnent 66 kg de farine. La rémunération du meunier se faisait en nature (10 % pour le blé et 50 % du poids de farine pour l'avoine) A noter : le moulin à tan était arrêté depuis 1914. La boulangerie était équipée de :
On y pétrissait 600 à 700 kg de farine par jour (100 kg de farine donnant 132 kg de pain) en 3 fournées (2 "à façon" et la troisième "à vendre"). "A façon" signifie que l'agriculteur qui amenait 100 Kg de blé avait droit à 70 kg de pain. A partir de 1925, les "bons de pain" sont créés. A la livraison du blé, le paysan reçoit tant de bons de pain qu'il échange ensuite contre du pain. Le four fonctionnant 300 jours par an, la consommation annuelle de fagots s'élevait à 13 500 (45 x 300 ). Une corvée obligatoire de charroi de fagots avait lieu en mai/juin pour entasser ces fagots sur 3 rangs en tas de 5 à 6 m de haut, 5 m de large et 15 à 20 m de long. Le four servait aussi aux restaurants ou pour les noces jusqu'à l'arrivée des fourneaux. Ainsi, j'ai le souvenir de ma mère allant cuire son far à la boulangerie d'à côté de notre maison vers 1965, contre une petite pièce de monnaie. La ferme s'étendait sur 12 ha répartis en 7 ha de terres labourables et 5 ha de prés/taillis, soit une ferme de taille moyenne à l'époque. Le bétail se composait de :
Ce bétail était nourri par la ferme et les sous-produits de la mouture. Les besoins annuels en viande s'élevaient à environ 1000 kg.
En 1939, le moulin emploie 1 meunier, 1 livreur et un ouvrier agricole. Les bâtiments n'ont pas été modifiés à part le moulin à tan, arrêté depuis 1914 et démonté en 1928. L'exploitation de la boulangerie a cessé en 1932. Le matériel du moulin se compose de :
Un camion a été acheté en 1937 pour livrer la farine. Il sera réquisitionné en 1939. Quelques dates significatives :
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